Psy Enfant - AdoPsychologue – Mme Ariane Humblet
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Ce matin encore, Paul termine son petit-déjeuner d’un air anxieux. Huit ans à peine et déjà le cœur qui bat la chamade à l’idée de la dictée. Anne, ado de 15 ans, dort à peine car demain, contrôle de maths. Pour certains enfants et adolescents, la pression scolaire n’est plus qu’une source de motivation, c’est un vrai poison. Leur obsession de la réussite scolaire devient une lutte quotidienne. Vous avez déjà remarqué ces petits regards inquiets, ces crises de larmes discrètes après l’école, ou ce perfectionnisme dévorant ? C'est peut-être de l’anxiété de performance scolaire qu'il s'agit. Quand la peur de l’échec prend toute la place, le bien-être vacille. Et c’est bien de ça dont on va parler ici. Parce que derrière chaque bonne note, il y a parfois une tempête silencieuse.
Avant toute chose, c'est quoi exactement cette anxiété de performance scolaire ? Ce trouble se transmet rarement en famille autour de la table, mais il est bien réel. Il s’agit d’un état de tension, de stress, qui envahit un élève à l’idée d’un devoir, d’une interrogation, ou juste du quotidien à l’école. Mais ici, il ne s’agit pas simplement du stress “normal” d’avant un examen. Non. C’est cette inquiétude qui s’installe dès que la réussite est en jeu, prenant peu à peu toute la place.
Dans une société où l’échec semble parfois interdit – où chaque bulletin ressemble à une note sur notre valeur – l’enfant ou l’adolescent apprend très tôt que la réussite, c’est presque une nécessité vitale. Dans certains cas, il ne s’autorise même pas à lever le pied. Il faut, toujours, faire mieux. Une salle de classe à Liège. Les stylos qui grattent. Regardez autour de vous : combien d’enfants semblent écrasés par la peur de décevoir, de ne pas être assez bon ?
Ce qui distingue vraisemblablement l’anxiété de performance des petites tracasseries classiques, c’est l’intensité et la durée. On parle bien d’émotions qui persistent, malgré les bons résultats, malgré les encouragements. L’enfant anxieux ne parvient pas à se rassurer, même après une réussite. Il doute, recommence, vérifie. Un peu comme si la note, aussi bonne soit-elle, ne servait qu’à calmer temporairement un volcan intérieur.
Cela peut se manifester par des symptômes physiques (maux de ventre, troubles du sommeil, manque d’appétit), ou psychologiques (ruminations, crises de larmes inattendues, parfois même décrochage scolaire). La difficulté, souvent, c’est que ces signes sont discrets. Un peu comme une tempête derrière une vitre : elle fait rage, mais elle ne casse rien en apparence. L’élève “brillant” n’est pas toujours celui qui va bien.
À force, cette quête de perfection peut tout engloutir : plaisir d’apprendre, estime de soi, énergie. Les neurosciences l’ont montré : le stress chronique nuit à la concentration, à la mémoire, et amplifie le sentiment d’insécurité. C’est le serpent qui se mord la queue. Plus l’enfant stresse, moins il a confiance, plus il rate, plus il stresse…
On chiffre aujourd’hui cette anxiété : selon certaines études, 15 à 35% des élèves seraient concernés, avec des pics au moment des examens ou lors de changements majeurs (entrée au secondaire, passage en terminale…). En Belgique, des parents consultent de plus en plus pour cette problématique, et les cabinets de psychologues pour enfants voient surgir ce phénomène aux alentours de Liège et dans d'autres régions. Bref, un problème bien réel, bien ancré, parfois tabou. Il est temps de l’éclairer.
Pour aller plus loin sur la question des émotions et du mal-être à l’école, consultez cet article de fond sur l’accompagnement psychologique proposé par Ariane Humblet.
Ici, une question se pose : pourquoi certains enfants ou ados basculent dans l’excès, alors que d’autres vivent l’école bien plus sereinement ? Il n’existe pas une unique réponse, mais plusieurs origines entremêlées, comme les fils d’une pelote qu’on n’arrive pas à démêler du premier coup. Regardons-les ensemble.
La famille, d’abord. On ne va pas se mentir : le poids des attentes parentales peut jouer un rôle clé. Tous les parents souhaitent la réussite de leurs enfants, évidemment. Mais parfois, entre les bulletins qu’on commente en boucle ou le stress d’un parent lui-même anxieux, l’enfant entend : “Il FAUT réussir. Sinon, attention…” Et le message s’imprime, même si les parents ne le disent pas ainsi. Un “tu peux mieux faire”, entendu trop souvent, peut s’installer comme un refrain intérieur, jusqu’à devenir une petite voix culpabilisante.
Mais il n’y a pas que la famille : la société aussi s’en mêle. Aujourd’hui, la compétition est partout. Réseaux sociaux, comparaisons de moyennes, palmarès. C’est un sport national : qui a eu la meilleure note ? Qui s’est “planté” ? L’école, parfois, ne valorise pas assez l’expérience de l’échec ou l’effort. Or, apprendre à échouer, c’est souvent la meilleure façon d’apprendre à réussir ensuite. Malheureusement, le regard social rend l’échec honteux, alors qu’il devrait être normal. Rien d’étonnant à ce que l’anxiété s’installe comme une invitée indésirable dans le cartable des élèves.
Il y a aussi les traits de personnalité. Certains enfants sont naturellement perfectionnistes, hypersensibles ou peu sûrs d’eux. Pour eux, la nécessité de plaire, de faire plaisir, de répondre aux attentes, devient vite une obsession. Pour peu qu'un enseignant note “à la loupe”, ou que le climat scolaire soit tendu, l'anxiété s'installe durablement.
Ajoutez à cela les aléas de la vie : un déménagement, un divorce, une entrée en sixième, ou même un échec ponctuel. Un événement difficile, mal accompagné, peut transformer un stress “normal” en anxiété chronique.
D’autres facteurs cachés sont souvent en jeu : troubles de l’apprentissage non diagnostiqués (dyslexie, TDA/H), harcèlement à l’école, manque de sommeil, fatigue chronique. L’école ne fait pas de pause. Et l’enfant, parfois, se sent comme un hamster dans la roue : courir, encore et encore, sans répit.
Gardons en tête que chaque enfant est unique. Deux frères, deux histoires, deux réactions différentes à la même situation scolaire. Ce qui compte : repérer les signaux faibles avant que l’anxiété ne devienne une partie de l’identité de l’enfant.
Vous cherchez des solutions ? Découvrez aussi l’importance d’un accompagnement adapté pour enfants et adolescents présentant des défis scolaires particuliers à Esneux et environs.
Parlons-en franchement : l’anxiété de performance scolaire n’a rien d’anodin. Ce n’est pas un simple coup de mou passager. Lorsqu’elle s’installe, c’est toute la vie de l’enfant qui peut être affectée, comme une toile d’araignée dont les fils se tendent partout dans la maison. Le garçon qui s’isole. La fillette qui ne veut plus aller à l’école. Un ado qui craque un dimanche soir.
Les premiers impacts sont souvent scolaires. L’enfant anxieux, paradoxalement, peut voir ses résultats chuter. Pourquoi ? Parce que le stress permanent épuise. L’esprit n’arrive plus à se concentrer. La mémoire flanche. On peut passer des heures sur des devoirs, sans rien retenir. Les erreurs se multiplient juste parce que la pression est trop forte.
Côté santé mentale et physique, le tableau n’est pas plus réjouissant. Insomnie, maux de ventre répétés, attaques de panique, crises de larmes. Cet enfant autrefois dynamique semble éteint. Ou alors, il compense : perfectionnisme, ruminations, hypersensibilité à la critique. L’école devient un lieu de souffrance, pas d’épanouissement.
La vie familiale n’est pas épargnée. Les devoirs du soir peuvent virer au conflit. Les repas deviennent silencieux. Un parent se sent coupable, démuni. “Ai-je mis trop de pression ? Pas assez ? Que faire ?” Cette culpabilité parentale ne fait qu’ajouter une couche d’angoisse. Il faut parfois plus qu’une conversation pour apaiser les tensions.
À l’adolescence, le tableau peut empirer : repli sur soi, automutilation, consommation de substances, voire dépression. Le jeune anxieux préfère renoncer (« je n’y arriverai jamais ») plutôt que de risquer l’échec. C’est le cercle vicieux du décrochage. Tout se durcit. Un enseignant confie : “On voit des élèves brillants tout plaquer, parce que la peur de faillir l’emporte sur le plaisir d’apprendre.”
Parfois aussi, l’anxiété se camoufle derrière l’agressivité ou la provocation. L’enfant sent la faille, il explose. D’autres somatisent : migraines, eczéma, maux de tête. Il n’y a pas de “bonne” façon d’exprimer la détresse scolaire. Le mal-être reste, quoi qu’il arrive.
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Comment savoir si l’anxiété de performance scolaire est en jeu ? Il existe des marqueurs souvent invisibles à l’œil nu, comme la fatigue chronique ou la peur d’aller à l’école sans raison “valable”. Un enfant qui multiplie les excuses pour sécher (“j’ai mal au ventre”, “je suis malade”,…) mérite toute votre attention, surtout si ces plaintes deviennent rituelles. À Liège, des psychologues scolaires alertent sur la banalisation de ces signaux faibles.
Même chose pour l’adolescent qui dit : “Si je n’ai pas 16/20, c’est la catastrophe.” Ou celui qui refuse toute activité de loisir pour réviser sans cesse. Danger : il n’y a plus de place pour le jeu, la détente, les relations sociales. La peur d'être jugé, d'être "mauvais élève", devient alors la seule boussole. L'estime de soi s'effondre (littéralement).
L’anxiété de performance touche tout le monde : “bons élèves”, élèves en difficulté, milieux socioculturels variés. En Belgique comme ailleurs. Il n’y a pas de vaccin. Mais il y a des solutions, heureusement.
Voilà la grande question. Quand la pression prend le pouvoir, comment aider son enfant ou adolescent ? On voudrait une baguette magique. Mais non, ce sont plutôt des petits pas, jour après jour. Quelques repères concrets, appuyés par l’expérience des psychologues spécialisés.
• Parler, désamorcer l’angoisse : Première étape, poser des mots. Parlez avec votre enfant, sans jugement. “De quoi as-tu peur ?” “Qu’est-ce qui se passe avant les contrôles ?” Mettez en lumière ses pensées (“je dois être parfait”, “je n’ai pas le droit à l’erreur”), pour pouvoir, ensuite, les nuancer ensemble.
• Dédramatiser l’échec : Répétez-le : réussir, c’est parfois échouer. On ne réussit pas mieux en ayant peur. Partagez vos propres erreurs, même petites. C’est leur montrer que l’échec n'est pas une fatalité, mais le chemin normal de l’apprentissage. Déculpabilisez l’enfant, rassurez-le sur sa valeur, indépendamment de ses résultats. Faites-le vraiment, pas juste en parole.
• Rééquilibrer le quotidien : L’enfant anxieux oublie souvent le plaisir. Recréez un équilibre : du temps pour le jeu, pour la détente, pour les amis. Le cerveau a besoin de respirer pour apprendre. Mettre une pause, aller dehors, se défouler, c’est aussi “travailler” à sa réussite.
• Travailler la confiance en soi : Encouragez. Mettez en valeur les efforts (pas seulement la note), les progrès, les réussites passées. Félicitez l’enfant pour sa persévérance, même quand les résultats ne suivent pas toujours. L’objectif : l’aider à se voir sous un autre angle (“je vaux plus que mes notes”).
• Protéger du regard social : À la maison, bannissez la comparaison (“ta sœur avait de meilleures notes”, “regarde ton cousin”). Chacun avance à son rythme. À l’école, échangez avec l’enseignant pour valoriser des formes de réussite moins classiques (prise de parole, entraide, créativité).
• Consulter un professionnel : Si l’angoisse devient envahissante, ne tardez pas à faire appel à un psychologue spécialisé en enfants ou adolescents. Un accompagnement psychologique permet, en quelques séances, d’apprendre à gérer le stress, les pensées négatives, et de restaurer l’estime de soi. L’approche est personnalisée, adaptée à chaque enfant, avec des outils concrets (relaxation, gestion mentale, jeux de confiance…).
• Agir sur l’environnement : Les parents ne sont pas seuls. Contactez l’école, discutez avec le professeur principal, proposez un dialogue. Parfois, des adaptations simples (aménagement du temps scolaire, allégement des devoirs, soutien scolaire) peuvent changer la donne.
• Anticiper les pics de stress : En période d’examens, planifiez ensemble des moments “sans travail”. Aidez votre enfant à organiser sa semaine, à faire des pauses régulières. Apprenez-lui des techniques de relaxation simples (respiration, cohérence cardiaque). C’est un investissement rentable.
Les solutions existent. Le mot-clé : prévenir, dialoguer, et oser demander de l’aide. Souvenez-vous : l’école est une étape de vie, pas une compétition perpétuelle. La réussite, c’est aussi (et surtout) d’être bien dans ses baskets.
En conclusion, l’anxiété de performance scolaire frappe fort, mais ce n'est pas une fatalité. À force d’en parler, de l’identifier tôt et d’agir, il est possible de retisser la confiance, de redonner le goût d’apprendre. L’enfant n’est pas qu’un bulletin de notes. Gardons-le toujours en tête.
Comment reconnaître l’anxiété de performance scolaire chez un enfant ?
L’anxiété de performance scolaire se manifeste par une peur intense d’échouer, des troubles du sommeil, des plaintes physiques avant l’école, ou encore un perfectionnisme excessif. Si l’enfant évite certaines matières, se décourage après de “petits” échecs ou semble tendu avant chaque évaluation, il est important d’en parler à un professionnel.
Pourquoi mon adolescent devient-il obsédé par ses résultats scolaires ?
Certains adolescents internalisent la pression sociale ou familiale, croyant que leur valeur dépend exclusivement de leurs notes. Cette obsession naît souvent d’un besoin de reconnaissance, d’un perfectionnisme ou d’une peur accrue de décevoir leurs proches ou enseignants.
Quand faut-il consulter un psychologue pour l’anxiété scolaire de mon enfant ?
Dès que l’anxiété impacte la vie familiale, la santé de l’enfant (perte de sommeil, maux de ventre, tristesse persistante) ou sa motivation scolaire de façon durable, consulter rapidement un psychologue permet d’éviter un décrochage et d’offrir un accompagnement adapté.
Faut-il s’inquiéter si mon enfant stresse avant chaque contrôle ?
Un léger stress est normal avant un contrôle, mais s’il devient handicapant, répétitif et déborde sur tous les domaines de la vie de l’enfant (humeur, vie familiale, santé), il faut intervenir. Accompagner tôt, c’est éviter que l’anxiété scolaire ne s’installe durablement.
Bong, M., Skaalvik, E. M. “Academic self-concept and academic achievement: How does self-concept influence achievement?” Educational Psychologist, 2003.
Résumé : Cette étude souligne le rôle du concept de soi académique dans la réussite scolaire et l’émergence de l’anxiété de performance chez l’enfant.
Putwain, D. W., Daly, A. L. “Test Anxiety Prevalence and Gender Differences in a Sample of English Secondary School Students”, Educational Studies, 2014.
Résumé : L’article explore la fréquence et la sévérité de l’anxiété liée aux tests à l’école secondaire, mettant en avant ses effets délétères sur le bien-être.
Zeidner, M. “Test Anxiety: The State of the Art”, Springer, 2010.
Résumé : Une synthèse sur l’anxiété de test et ses conséquences sur l’apprentissage, le stress et l’adaptation scolaire de l’élève.
Verešová, M., Mala, D. “Stress, Procrastination and Academic Achievement of University Students”, Procedia - Social and Behavioral Sciences, 2016.
Résumé : Les auteurs mettent en lumière le lien entre procrastination, stress aigu et performance scolaire réduite chez les étudiants.