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Dans les couloirs blancs d’un hôpital, les gyrophares d’une ambulance ou sous le casque d’un pompier, le stress post-traumatique n’est pas une idée abstraite. C’est une réalité qui colle à la peau, parfois aussi tenace qu’une odeur de fumée sur un vêtement. Les soignants, policiers, pompiers : ces femmes, ces hommes, sont souvent les premiers témoins de la détresse humaine, du drame, parfois de l’irréparable. Mais qui soigne ceux qui sauvent les autres ? Cette interrogation traverse tant d’équipes d’intervention en Belgique, notamment à Liège, où les vagues de situations critiques laissent des traces indélébiles.
Peut-on vraiment sortir indemne d’années de crises, d’accidents, d’urgence ? Quand l’adrénaline redescend, c’est parfois tout l’édifice mental qui menace de s’effondrer. Ici, nous allons plonger dans la psychologie du stress post-traumatique chez ces héros du quotidien, avec l’objectif de comprendre : comment ce traumatisme s’installe-t-il, pourquoi certains professionnels sont-ils plus vulnérables, à quels signes faut-il s’alerter ? Surtout, quelles solutions leur tendre ? Prenez une grande respiration. On y va pas à pas.
Commençons par le début. Le stress post-traumatique, ou SPT (pour les intimes), ce n’est pas juste « être un peu secoué » après une garde difficile. Cela va beaucoup plus loin. C’est une réaction psychique intense à un événement grave, soudain, douloureux. Par exemple : le décès inattendu d’un jeune patient aux urgences, une intervention sur un accident mortel sur l’autoroute, une agression subie alors qu’on porte l’uniforme.
Dans la littérature, le SPT se structure autour de symptômes précis : flashbacks, cauchemars répétés, évitement de tout ce qui rappelle le trauma, hypervigilance excessive. Et surtout, un sentiment d’alerte permanent, comme si le danger était partout, même dans un moment de repos familial ou devant la télévision. Ce trouble peut s’installer rapidement ou… des mois plus tard. Parfois, même, plusieurs années après l’événement déclencheur. C’est ça, le piège.
Prenez un soignant à l’hôpital de la Citadelle à Liège, ou un pompier des alentours de Liège. Qu’ont-ils en commun ? Ils accumulent, au fil des gardes et des interventions, ce que les psychologues appellent des « événements potentiellement traumatiques répétés ». Imaginez qu’à chaque garde s’ajoute un poids invisible dans le sac à dos mental. Un jour, c’est le dernier poids qui fait céder la sangle.
Plusieurs études montrent : le risque de SPT chez les soignants, pompiers, policiers, est 2 à 4 fois supérieur à la population générale. Pour une raison simple : ils sont confrontés à la violence, à la mort, à la détresse extrême, mais doivent rester fonctionnels. L’uniforme protège… mais il expose aussi. Le port du masque professionnel, ça finit par laisser des fissures. « Tu dois être costaud, tu n’as pas le droit de craquer », entend-on parfois dans les casernes ou les urgences. Mais la vraie force, c’est peut-être de demander de l’aide, non ?
Et puis il y a le fameux syndrome du « sauveur invincible », très fréquent. On s’oublie, on met ses émotions au placard. Jusqu’au moment où le corps, la tête, disent stop : « Je n’en peux plus ». On observe alors des troubles du sommeil, de l’anxiété constante, une irritabilité à fleur de peau. Ces signes devraient toujours alerter. Car plus le stress post-traumatique s’ancre, plus il devient difficile à déraciner.
soutien psychologique pour infirmières et personnel de santé
L’anecdote est souvent plus parlante qu’un concept : un infirmier en soins intensifs, même après 10 ans d’expérience, a vu sa vie basculer après un patient décédé brutalement devant ses yeux. Depuis, il ne supportait plus le bip des moniteurs, évitait les services critiques, se réveillait en sursaut la nuit. Le SPT ne s’arrête pas au seuil de la salle de pause. Il s’incruste dans toutes les sphères de la vie.
Quels sont les signes évocateurs ? Il n’y a pas de signal lumineux qui clignote, mais le corps et l’esprit envoient toujours des alertes. Un psychologue spécialisé saura poser les bonnes questions. Voici quelques indicateurs, à ne jamais banaliser :
Bien sûr, on peut connaître ces symptômes quelques jours après un choc sans que cela devienne chronique. Mais, si cela dure plus d’un mois, que le quotidien devient impossible, alors le SPT s’installe. C’est là que l’accompagnement devient vital. Car le risque si on laisse passer, c’est que tout s’enfonce, avec des complications : addictions, isolement social, voire idées noires.
En France, une enquête a montré que près de 60 % des sapeurs-pompiers déclarent avoir subi au moins une intervention marquante, laissé des traces profondes. Même chiffre chez les services de police de terrain. Mais combien osent pousser la porte d’un psychologue spécialisé travailleurs médicaux ? Encore trop peu. Le tabou est toujours là, même si la parole se libère peu à peu.
Et pour les plus jeunes, le risque est parfois supérieur : moins de recul face à la violence, moins de stratégies d’adaptation. Mais vivre vingt ans d’interventions difficiles… cela use aussi. Personne n’est immunisé contre le stress post-traumatique !
L’erreur : croire qu’avec le temps « ça passera ». Le stress post-traumatique, pourtant, agit comme une fissure dans la coque d’un navire. Au début, ce n’est qu’un filet d’eau, puis toute la cale se remplit en silence, jusqu’au naufrage. Culpabilité, honte, peur d’être jugé comme « faible » : voilà ce qui retarde trop souvent la demande d’aide.
Et quelles sont les répercussions si on « laisse couler » ? Les études menées aux alentours de Liège révèlent des taux d’absentéisme élevés parmi les pompiers et policiers touchés par le SPT. Dépression, addictions (alcool, médicaments, voire substances illicites), éclatement des liens familiaux… Les familles sont souvent les premières victimes collatérales. On a parfois l’impression de rentrer à la maison sans ramener « toutes ses valises ». Ou pire, que ce sont les proches qui reçoivent en plein visage l’onde de choc de ces traumatismes accumulés.
Le corps parle quand la tête ne suit plus. Maladies somatiques, usure prématurée, accidents du travail secondaires… Toute la carrière s’en trouve impactée. Dans certains cas, c’est la perte volontaire ou non du poste, la mise en invalidité anticipée, souvent vécue comme une injustice additionnelle.
Pour la structure où l’on travaille : service hospitalier, caserne, commissariat… L’impact va au-delà de la seule personne. Ambiance délétère, équipes désorganisées, perte de confiance. N’ayons pas peur des mots : le SPT est contagieux à l’échelle d’un groupe. Un seul collègue en grande difficulté psychique, ce sont souvent plusieurs autres qui se retrouvent à « tenir » pour deux… jusqu’à ce que la chaîne cède.
Il faut souligner que le SPT chronique peut également favoriser d’autres troubles psychiques : burn-out, anxiété généralisée, troubles de l’humeur. Les frontières sont poreuses. La prise en charge doit donc être multidimensionnelle et précoce, adaptée à chaque histoire de vie.
Consultations spécialisées pour le personnel de santé
Le retour à la normale, sans aide, est rare. On ne « fait pas le deuil » d’un événement traumatique tout seul, même si l’on n’en parle jamais à la pause-café. Une fois installé, le SPT se nourrit du silence. Toujours. Plus tôt la prise en charge démarre, meilleures sont les chances de retrouver un équilibre personnel et professionnel.
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Bonne nouvelle : il existe des solutions. Même face à un choc extrême, l’être humain est capable d’énormes capacités de résilience. Mais on ne guérit pas d’un SPT avec une simple page de conseils, ni avec une tape dans le dos. La psychologue spécialisée est ici un maillon essentiel.
En quoi consiste la prise en charge spécialisée ?
Souvent, le plus dur, c’est de pousser la première porte. D’accepter de ne pas aller bien. Mais après, tout peut changer. On a vu des vies retrouver leur élan, des familles recollées, des vocations renouvelées, grâce à un accompagnement adapté.
À ceux qui hésitent : le fait de consulter une psychologue spécialisée n’est pas réservé « aux faibles ». Bien au contraire. C’est un acte de courage. Un pompier à qui on donnerait une échelle trop courte pour sauver une personne du feu, ça ne viendrait à l’idée de personne. Mais quand il s’agit d’outils psychiques, on tarde trop. Osons parler. Donnons-nous les moyens de nous reconstruire.
L’espoir, c’est aussi les nouvelles approches : l’EMDR (désensibilisation par mouvements oculaires), la pleine conscience (mindfulness), et, pour certains cas, le soutien médicamenteux temporaire, toujours prescrit et surveillé. La clé, c’est de ne jamais rester seul face à la souffrance. Aux alentours de Liège, plusieurs réseaux de psychologues spécialisés œuvrent en coordination avec les établissements hospitaliers, les casernes et les services d’urgence.
Le chemin est parfois long. Mais un accompagnement sur-mesure permet le plus souvent une réinsertion, un retour « à la vie », professionnelle et personnelle. Il ne faut pas attendre d’être « au bout du rouleau » pour consulter : plus on agit tôt, plus la guérison est rapide et complète.
Pour conclure, rappelons-le : le stress post-traumatique chez les professionnels du soin et de l’intervention n’est ni une fatalité, ni un sujet tabou. Il ne définit pas la valeur de la personne, encore moins sa vocation. Il est le signe qu’il y a besoin d’aide, d’écoute et de temps pour panser les blessures invisibles.
Comment reconnaître un stress post-traumatique chez un soignant ou un intervenant ?
Les signes incluent des cauchemars récurrents, un évitement de lieux ou de situations liées à l’événement, une hypervigilance, et une détresse persistante. Si ces symptômes perdurent au-delà d’un mois et impactent la vie quotidienne, il est important de consulter un psychologue spécialisé.
Pourquoi les professionnels de santé et les secours sont-ils plus exposés au stress post-traumatique ?
Ils sont confrontés de façon répétée à la souffrance, la mort ou la violence, ce qui augmente considérablement leur risque de traumatisme psychique. Leur rôle imposant d’être toujours opérationnels ajoute une pression qui retarde souvent la demande d’aide.
Quand faut-il consulter un psychologue après un événement choc ?
Il est recommandé de consulter dès que l’on ressent un mal-être inhabituel qui persiste, notamment si les symptômes interfèrent avec le travail ou la vie personnelle. Plus la prise en charge est précoce, meilleures sont les chances de rétablissement.
Faut-il parler du SPT à son entourage ou au travail ?
Oui, il est préférable d’informer ses proches et, si possible, l’équipe professionnelle afin de ne pas porter seul ce fardeau. Le soutien de l’entourage aide à la guérison et facilite la compréhension du parcours de soin.
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