Psy Enfant - AdoPsychologue – Mme Ariane Humblet
📍 Adresse : Rue Sous les Roches 86, 4130 Esneux
📞 Téléphone RDV : 0495 66 00 61
Un bébé vient de naître. Vous pensiez que tout irait bien, mais votre aîné change de comportement. Sourire crispé, crises à répétition, câlins soudains puis, tout à coup, rejet. La jalousie à la naissance d’un frère ou d’une sœur, ça surprend, même les parents les mieux préparés. Mais faut-il s’inquiéter ? Surtout, que faire ? Ici, on vous propose de démêler ce casse-tête émotionnel, loin des jugements. Ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas seul·e. D’ailleurs, chaque année, en Belgique, des milliers de familles sont confrontées à cette tempête émotionnelle. Petit à petit, on va chercher comment retrouver un climat serein à la maison, redonner confiance à votre aîné – et à vous-même.
Première étape, comprendre pourquoi ce sentiment de jalousie surgit. Ensuite, comment rassurer, écouter et accompagner. On va parler vrai, avec des astuces concrètes, basées sur la psychologie de l’enfant et sur l’expérience de terrain. Allons-y. Nouvel arrivé ou fratrie en construction, chaque famille trace son chemin. Mais le point commun ? Le besoin d’être rassuré, écouté et guidé.
C’est peut-être LA première question qui vient. Pourquoi, alors qu’il semblait attendre ce bébé avec impatience, votre enfant change-t-il brusquement d’attitude ? La réponse tient en un mot : bouleversement. Un enfant vit l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur comme une véritable “révolution intérieure”. Imaginez qu’on vous demande de partager votre plat préféré, tous les jours, avec quelqu’un qui ne dit presque rien, mais occupe tout le terrain. C’est violent, non ? C’est exactement ce que ressent votre aîné.
Dans le langage de la psychologie, on parle du “mythe du bébé intrus” : l’enfant a l’impression de perdre sa place, d’être détrôné. D’un coup, papa et maman – qui, jusque-là, n’avaient d’yeux que pour lui – sont happés par ce minuscule être fragile. Alors la jalousie, c’est normal. C’est même sain. “J’ai peur qu’on m’aime moins. J’ai peur d’être oublié.” Le cœur de la jalousie, il est là. Ce n’est pas de la méchanceté, mais l’expression d’un besoin profond d’être rassuré sur son importance.
Des recherches menées “aux alentours de Liège” l’affirment : 75% des enfants manifestent un comportement de rivalité, parfois bruyant mais souvent plein d’ambivalence (tendresse-coups d’œil noirs, rires-pleurs, etc). Rien d’exceptionnel, donc. Même dans la fratrie la mieux intentionnée, il y a ajustement, puis, peu à peu, apprentissage d’un nouveau rôle.
Quelques exemples concrets : un enfant peut redevenir “bébé” (demande le biberon, refait pipi au lit), ou alors accumule les bêtises. Ou, parfois, il se renferme. C’est leur façon de dire : “Regardez-moi. Je suis encore là !”.
Pour aller plus loin sur le vécu émotionnel des enfants, découvrez aussi notre article sur la gestion des émotions chez l’enfant.
Chaque enfant réagit à sa manière – un peu comme lorsqu’on met du citron dans de l’eau : chez les uns, ça pétille, chez les autres, c’est calme. Certains affichent leur mal-être, d’autres le cachent. D’où l’importance de rester attentif. Voici des signes fréquents, parfois subtils, parfois bruyants :
Tout n’est pas alarmant. Mais, à Liège comme ailleurs, il existe une règle d’or : mieux vaut voir trop de signaux, que pas assez. Surtout si les changements s’installent sur la durée ou deviennent source de souffrance quotidienne.
À noter : chaque enfant, chaque famille, son tempo. Certains expriment très vite leur mal-être, d’autres après des semaines. Parfois même, la jalousie apparaît… des mois après la naissance – les parents pensaient être passés entre les gouttes !
Écouter son intuition, se faire confiance. Si l’ambiance familiale devient lourde ou si le couple parental s’épuise, il ne faut pas hésiter à faire appel à un psychologue spécialisé enfant et adolescent. Rien n’oblige à attendre que la situation se cristallise. Les professionnels sont là pour rassurer, accompagner, ouvrir le dialogue.
Psychologue – Mme Ariane Humblet
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L’enfant qui traverse cette tempête ne cherche pas à “faire payer” l’arrivée du bébé. En réalité, il veut être rassuré. Il teste, il questionne. C’est humain. Mais face à ses réactions, toute la famille peut se sentir déstabilisée. Alors, comment faire pour l’accompagner au mieux ? Voici quelques pistes à adapter à votre histoire familiale.
On a souvent envie de “faire disparaître” la jalousie, de “calmer le jeu”. Or, la première étape, la plus importante, c’est d’accueillir cette émotion. Dire à votre aîné que c’est normal, que vous comprenez ses sentiments. Pas besoin de minimiser – “Ce n’est rien” – ni, au contraire, d’en faire tout un plat. Juste écouter et valider : “Tu aurais préféré qu’on s’occupe plus de toi ? Tu trouves ça difficile de voir maman donner le biberon au bébé ?”
Des études montrent qu’un enfant dont l’émotion est “nommée” se calme plus vite. C’est comme ouvrir un robinet après une longue journée : la pression tombe. Parfois, juste ce temps d’écoute suffit. Mais si le mal-être persiste, il faut approfondir.
Je vous propose un exemple vécu : un père d’Esneux, inquiet car son fils de quatre ans refusait tout contact avec la petite sœur. Une simple phrase a débloqué le dialogue : “Parfois, tu voudrais qu’elle reparte, non ?” Résultat : l’enfant s’est effondré en larmes, puis a retrouvé, peu à peu, le sourire.
Ouvrez la porte à la parole. Donnez des points de repère : “Dans toutes les familles, quand un bébé arrive, c’est difficile de tout partager. Même pour moi, parfois, c’est compliqué.” Oui, même les adultes !
Le quotidien, c’est le ciment de la sécurité. Quand bébé prend toute la lumière, il reste essentiel de préserver des temps à deux. Ça ne doit pas être un “grand” moment : dix minutes d’histoire le soir, un goûter particulier, une promenade juste avec papa ou maman. L’important, c’est la régularité, pas la durée ni l’exotisme.
Certains parents, en Belgique, instituent même la “minute de la grande sœur” ou la “mission du grand frère” : il/elle a un rôle personnel (aller chercher le courrier, choisir le dessert de la famille, etc). Ces petites missions font “grandir” l’aîné, qui retrouve une place unique.
Et ne culpabilisez pas si tout ne roule pas toujours. Personne n’est parfait ! Même au sein d’une fratrie soudée, il y a des hauts et des bas. Ce qui compte, c’est la régularité, la sincérité, pas la performance.
Votre enfant peut, au début, refuser tout contact avec le bébé. L’idée n’est pas de forcer (“Allez, embrasse-le !”), mais de proposer. “Tu veux m’aider à choisir un pyjama pour ta sœur ? Tu veux lui montrer ton doudou ?” Et si la réponse est non : on respecte. L’enfant avance à son rythme. Certains vont très vite prendre leur rôle à cœur ; d’autres, mettront des semaines. Là aussi, confiance et bienveillance sont les meilleurs alliés.
Souvenez-vous que chaque fois qu’un aîné est invité à participer, il retrouve de la valeur à vos yeux. Et, peu à peu, il s’approprie sa nouvelle place – ni trop grand, ni “bébé”.
C’est tentant, parfois, de lancer un : “Regarde comme ta sœur est sage !”. Mais, en psychologie, la comparaison attise le feu. Mettez plutôt en valeur les qualités propres de chacun : “Toi, tu sais très bien faire rire papa. Ta sœur, elle sait faire de beaux sourires.”
Gardez aussi à l’esprit que chaque enfant a son tempo affectif, ses manières de s’exprimer. Les différences, c’est la richesse de la fratrie.
Parfois, un soutien extérieur permet de voir la situation sous un nouvel angle. Apprendre à se déculpabiliser en tant que parent, c’est aussi fondamental, surtout quand la culpabilité de mal faire ou de ne pas “donner assez” d’amour aux deux enfants vous ronge.
Si votre enfant fait une “bêtise”, casse exprès une tétine, tape le bébé ou pique une colère, il faut agir vite mais sans crier ni humilier. Posez des limites fermes (“Tu n’as pas le droit de taper”) et, aussitôt après, reformulez : “Je comprends que ce soit difficile pour toi.” L’autorité et la compréhension, ensemble, c’est la recette gagnante.
Certains enfants testent longtemps les limites. Là encore, rester constant, calme, ne pas tomber dans l’escalade. Quand la fatigue gagne, en parler à un professionnel peut déculpabiliser, aider à remettre du sens sans dramatiser.
L’accompagnement ne se fait pas en un jour. La patience est le maître-mot. L’enfant observe aussi beaucoup les adultes : si le couple parental montre qu’il parle, rit, partage les bons comme les mauvais moments, ça rassure. Être d’accord sur les règles, anticiper les jalons importants (rentrée scolaire, retour au travail), ça aide à fluidifier le quotidien.
Parfois, malgré tous vos efforts, la situation bloque. C’est le moment de demander de l’aide, pour vous ou pour votre enfant. À Esneux, à Liège, ou ailleurs, les psychologues spécialisés en enfance peuvent accompagner l’enfant pour mettre des mots sur son ressenti, dédramatiser, renouer le dialogue familial.
Peur d’être jugé rôle de mauvais parent ? Rassurez-vous : la majorité des familles passent, un jour ou l’autre, par cette étape. Demander de l’aide, ce n’est pas “échouer” : c’est protéger l’avenir émotionnel de la famille.
Gérer la jalousie, ce n’est pas une question de “one shot”. On pose des bases, on accompagne, puis on ajuste, selon les moments. Les enfants évoluent, grandissent, la jalousie fluctue aussi. Parfois, elle réapparaît à l’adolescence, ou à l’arrivée d’un autre frère ou sœur. Gérer la jalousie aujourd’hui, c’est offrir des outils pour la vie.
Il existe de vraies clés pour solidifier la relation parents/enfants et la fratrie sur la durée.
Certains parents instaurent un “temps de paroles” chaque semaine. Pas de pression : une discussion à table, un moment câlin dans le canapé, ou même pendant une balade. Faites de l’émotion un invité régulier à la maison. Vous serez surpris de voir comme un enfant s’apaise et devient à son tour un modèle d’écoute pour le plus petit.
Les enfants, surtout les plus jeunes, comprennent bien mieux par le jeu ou la métaphore. Utilisez des poupées ou des figurines pour rejouer la naissance, la jalousie, la réconciliation. Certains livres aident aussi à aborder ce thème avec humour et authenticité. Vous verrez : ce qui ne sort pas avec des mots peut sortir en dessin, en jeu, en histoire inventée.
Rien n’oblige à tout faire ensemble. Un après-midi tous ensemble peut être suivi d’un moment mère-fille, père-fils, etc. C’est l’occasion pour chacun de se sentir unique, même au cœur de la tribu.
Pas besoin de casser la tirelire pour sortir la fratrie d’une crise ! Les simples rituels valent de l’or. Mais gardez de la flexibilité. Un enfant malade, une journée difficile à l’école, un parent épuisé… L’important, c’est la continuité, pas la perfection.
En synthèse : la jalousie de l’aîné est une occasion de tisser de nouveaux liens, d’apprendre à gérer les rivalités de manière constructive. Aucun parent n’a de baguette magique. Mais, avec quelques outils, de la patience et du dialogue, cette période charnière deviendra – on vous le promet – un souvenir riche, parfois même drôle, à raconter plus tard à vos enfants devenus grands.
Comment savoir si la jalousie de mon enfant devient un problème à surveiller ?
Si les réactions durent plusieurs mois, prennent une forme violente ou empêchent l’enfant de vivre normalement (troubles du sommeil, isolement, refus d’aller à l’école), il est important de consulter. Un professionnel comme un psychologue enfant pourra évaluer la situation et proposer des outils concrets adaptés à votre famille.
Pourquoi faut-il préserver des moments à deux avec l’aîné après une naissance ?
Ces moments renforcent le sentiment de sécurité et montrent à l’enfant qu’il garde une place unique malgré l’arrivée du bébé. C’est une manière concrète de rassurer sans paroles et de renforcer les liens parent-enfant à long terme.
Quand contacter un psychologue pour enfant en cas de jalousie persistante ?
Si la situation vous échappe, que la communication devient difficile ou que la famille souffre du climat tendu, il est judicieux de demander conseil. À ce stade, l’intervention rapide d’un spécialiste installé par exemple à Esneux permet d’éviter que le mal-être ne s’installe durablement.
Faut-il toujours impliquer l’aîné dans les soins du bébé ?
Lui proposer, oui, mais le forcer, non. Chacun avance à son rythme : le respect du refus ou de la distance permet à l’enfant de trouver sa place en douceur, sans alimenter de nouvelles frustrations ou rivalités.
Kochanska, G., Coy, K.C., & Murray, K.T., “The development of self-regulation in the first four years of life,” Child Development, 2001. Synthèse sur l’émergence de la gestion des émotions dans la petite enfance, avec un focus sur la place de la fratrie.
Dunn, J., “Sibling influences on childhood development,” Journal of Child Psychology and Psychiatry, 2014. Article sur les effets de la jalousie dans les fratries et leur impact à long terme sur le développement psychologique.
Volling, B.L., “The transition to siblinghood: A developmental ecological systems perspective and directions for future research”, Journal of Family Psychology, 2012. Point sur les ajustements familiaux et psychologiques à la naissance d’un nouvel enfant.
Prime, H., Wade, M., & Browne, D.T. “Risk and resilience in family well-being during the COVID-19 pandemic”, American Psychologist, 2020. Ce numéro spécial consacre une part à la dynamique des fratries en contexte de crise, utile pour comprendre les fragilités émotionnelles réactivées à certains moments.